Ce vendredi 11 mai, la troisième rencontre du Cycle « Théâtre et Société » des Amis de La Comédie de Reims a porté sur la pièce Guantanamo mise en scène par Éric Vigner d'après le livre de Frank Smith. Cet ouvrage publié en 2010 reprend des comptes-rendus d’interrogatoires de prisonniers du tristement célèbre centre de détention installé par les États-Unis à Cuba au lendemain du 11 Septembre.
Étaient présents à cette rencontre Vlad Chirita, acteur dans la pièce et assistant à la mise en scène qui a remplacé Eric Vigner et Nathalie Berger, coordonnatrice Amérique du Nord pour Amnesty International. (Le responsable de la ligue des droits de l’homme n’ayant pu être présent.)
Devant une trentaine de personnes, dont la section de Reims et d’Epernay d’Amnesty, le débat a d’abord porté sur la genèse et l’intérêt de la pièce, qui a souvent déconcerté les spectateurs par la distance dans le traitement du sujet. Vlad a rappelé pourquoi et comment Eric Vigner a choisi ce livre qu’il a découvert au moment de sa sortie, qu’il trouvait intéressant sur le plan de la matière et qui permettait de montrer l’« incommuniquant » ; il nous a expliqué aussi comment les sept acteurs de cette « école » de théâtre qu’est l’Académie avaient été impliqués dans cette création.
Ensuite, avec l’intervention plus politique de Nathalie Berger, c’est du centre de détention dont il a été question Dans un premier temps, en partant d’un article du journal Le Monde daté du 10 janvier 2012 : « Guantanamo : pourquoi y a-t-il une prison américaine à Cuba ? », nous avons expliqué comment un traité américano-cubain de …1903 a offert aux Etats-Unis contre protection une base navale sans aucune limite dans le temps, les Américains ont utilisé cette base après les attentats du 11 septembre 2001 parce qu’elle n’était pas soumise au droit américain…
Nathalie nous a exposé très clairement comment certains détenus se sont trouvés enfermés à Guantanamo sous des accusations infondées, une rançon ayant été promise pour toute arrestation…
Elle nous a longuement parlé des deux anciens détenus de Guantanamo qui sont actuellement en France, et de la difficulté qu’ils ont à se reconstruire.
A la question « Y a-t-il moins de terroristes grâce à Guantanamo ? » qui lui a été posée, elle a répondu que cela avait eu au contraire l’effet inverse : à cause de Guantanamo, le terrorisme s’est multiplié – dans des centres de formation au Pakistan ou au Yemen notamment, on montre les images de ces hommes vêtus de leurs combinaisons orange comme des martyrs - et les détenus rentrés dans leur pays sont souvent utilisés comme propagande.
Enfin, elle nous a rappelé qu’il y a encore à Guantanamo plus de 150 prisonniers, alors que le président Obama s’était engagé à fermer le centre, et que parmi ces hommes, si certains pourraient être libérés, le problème du pays d’accueil reste entier… plus de dix ans après leur détention.
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